
Il est vrai que la politique américaine est passionnante, mais effectuons un retour un France, non pas que je sois particulièrement ethno-centré, mais avouez que c'est un sujet qui nous touche de manière bien plus directe.
Je suis avec attention les pré-pré-pré débats du congrès qui servira de pré-primaires pour 2012 au parti socialiste. Et comme toujours, les médias font tout pour nous enfermer dans un duel qui n'a pas lieu d'être. Le retour en force de Martine Aubry ces derniers jours le prouve, et je suis content de voir que le parti fondé par Mitterrand pour servir de fer de lance du bipartisme s'ouvre au pluralisme en son sein, même si je crois peu en un changement radical de leur pensée sur ce terrain la.
Ce qui a particulièrement attiré mon attention, c'est la remarque de Bertrand Delanoë qui a osé (si si je vous l'assure) prononcer le mot "libéralisme" toujours avec des pincettes stérilisée cependant mais c'est tout de même assez rare qu'un responsable socialiste bien-pensant prenne autant de liberté et aille jusqu'à s'avancer sur le terrain maléfique du libéralisme et du capitalisme, source de tous les problèmes de notre société.
Et la, comme un cheval sur la soupe (oui, un cheval, des cheveux), Ségolène débarque, et toujours dans un souci de se situer diamétralement à l'opposé du Maire de Paris, annonce qu'on ne peut PAS ne serait-ce que PARLER de libéralisme, même avec des pincettes stérilisées, et ce pour toutes les raisons que j'ai évoqué ci dessus.
Cela me pose deux problèmes majeurs, sur la forme et sur le fond.
Sur le fond, tout le monde en conviendra : oui, on peut parler de libéralisme, ce système a prouvé son efficacité, même si il a également montré ses limites ; on peut alors considérer qu'il est du devoir de l'État de l'encadrer de plus ou moins prêt selon la conjoncture, toujours est-il qu'aucun gouvernement ne nie son efficacité et sa pertinence...
Mais il y a pire : la forme. Si on ne peut pas PARLER de libéralisme, alors pourquoi a-t-elle voulu François Bayrou, candidat de l'UDF (parti qui reconnaît le capitalisme depuis bien longtemps) pour premier minstre ? pour être élue ? elle aurait donc nié ses convictions pour une manne électorale ? remarquez, elle a fait le coup pendant toutes la campagne, vu qu'elle a défendu des idées qu'elle jugeait mauvaise pour être soutenue par son parti (elle l'a dit elle même). Ce ne serait pas étonnant, mais fortement déplorable et condamnable.
Encore mieux : le soir du premier tour des municipales, qui appelle à une alliance globale avec le MoDem ? Ségolène Royal !!
comme quoi, elle lâche vraiment pas le morceau...
Donc si je résume...
Elle a défendu des idées très loin du libéralisme durant la campagne, mais elle n'y croyait pas, c'était juste pour être élue.
Puis, encore pour être élue, elle tend la main à François Bayrou, alors même qu'elle défendait des idées très très loin de l'idéal démocrate.
Ensuite, elle admet qu'elle ne croyait pas à son programme, donc on se dit qu'il était alors normal qu'elle tende la main vers François Bayrou, mais on trouve anormal qu'elle ai défendu en son nom des idées qu'elle jugeait mauvaise pour son pays.
Au soir des élections municipales, appel à une alliance globale avec le MoDem, elle continue dans la tendance.
Et la crack, elle annonce qu'il est impossible de prononcer le mot libéralisme au sein du PS, même avec toutes les précautions que son camarade a prises....
Et dire qu'elle a failli être présidente....
pardonnez-lui père, elle ne sait pas ce qu'elle fait.... du moins j'ose encore l'espérer.
EDIT (au 8 juin) : une petite vidéo malheureusement rigolote, sur laquelle on ne peut tout de même pas tirer de conclusions hâtives quant aux capacités de Mme Royal, mais bon, ça reste intéressant à savoir : http://www.kamazutra.be/Bonne-nouvelle


